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Liban : repères historiques

« La terre et la mer vous seront généreuses » Gebran Khalil Gibran, Le prophète

Situé au centre du golfe oriental de la Méditerranée, le Liban est une étroite étendue de terre d’une grande diversité géographique. Le territoire se compose d’une plaine côtière qu’occupe la majorité des grandes villes (Beyrouth, Tripoli au nord, Saïda et Tyr au sud), d’une chaîne montagneuse verte et peuplée, le Mont-Liban, d’une plaine intérieure fertile, la Bekaa, et d’une seconde chaîne montagneuse plus aride, l’Anti-Liban.

Cette situation géographique exceptionnelle fit très tôt du Liban actuel le foyer d’une intense activité humaine. En effet dès le IIIe millénaire avant JC, la civilisation maritime des Phéniciens y établit de nombreux comptoirs (Tyr, Sidon / Saïda, Byblos) à partir desquels furent diffusés dans le monde méditerranéen l’alphabet phénicien qui supplanta le système cunéiforme vers 1300 av JC. A la suite de la conquête d’Alexandre le Grand et de celle des Romains, le Liban fut intégré dans une vaste zone syrienne puis fut rattaché à l’Empire byzantin lors du partage de 395. Conquis par les Arabes en 637, le Liban resta sous domination de califats successifs. La montagne libanaise offrit alors l’asile à de nombreuses communautés : les chrétiens dès le VIIIème siècle, les chiites dès le IXème siècle puis les druzes au XIème siècle. Après la prise de Jérusalem par les Croisés en 1099, le Liban fut inclus dans les États francs d’Orient. Durant ces deux siècles, les villes libanaises de la côte renouèrent avec la grande tradition du commerce méditerranéen.

Contrôlé par les Mamelouks d’Égypte puis par les Ottomans à partir de 1516, le Liban trouva un nouvel équilibre politique entre druzes et maronites sous la tutelle du pacha de la Sublime Porte. Beyrouth devint le second port de l’Empire ottoman, ouvrant les marchés arabes aux négociants occidentaux. De nombreux liens culturels et religieux se tissèrent alors avec l’Europe.

L’affaiblissement progressif de l’Empire ottoman, les interventions occidentales, les ambitions de l’Égypte, de Mehmet Ali, les affrontements sanglants entre maronites et druzes au milieu du XIXème siècle, poussèrent la France à soutenir la création d’une province du Mont-Liban dotée d’une certaine autonomie en 1864. En 1918, la disparition de l’Empire ottoman en fait un État à part entière, placé sous mandat français par la SDN en 1920, sous le nom de "Grand Liban".

Cette nouvelle entité suscita pourtant l’opposition de nationalistes arabes qui souhaitaient la création d’une "Grande Syrie" regroupant la Syrie, le Liban, la Palestine et la Transjordanie. En 1926, les Français promulguèrent une Constitution entérinant la pratique institutionnelle de la primauté maronite (le Président de la République étant toujours un maronite, celui du gouvernement un musulman sunnite et celui de la chambre un musulman chiite).

Déjà esquissée en 1936 puis proclamée en 1941, l’indépendance du Liban devint effective en 1943. Un " pacte national " conservant le partage confessionnel des pouvoirs fut établi pour maintenir l’équilibre entre les communautés incluant pour les maronites l’abandon de la protection française (le Liban adhéra à la Ligue arabe dès 1955), et pour les musulmans celui du projet de "Grande Syrie".

Les vingt premières années d’indépendance furent marquées par une grande prospérité économique. Cependant, la situation géopolitique régionale (arrivée massive de réfugiés palestiniens, rivalités inter-arabes, Guerre Froide) déstabilisa peu à peu le Liban. De 1975 à 1990, une série de conflits où se confondirent des confrontations régionales et des luttes intérieures ensanglantèrent le pays. Les accords de Taëf (1989) mirent fin aux principales hostilités. Le 22 mai 1991, le Liban et la Syrie signèrent un accord "de fraternité, de coopération et de coordination", qui prévoyait notamment le maintien des troupes syriennes au Liban.

Nommé premier ministre en octobre 1992, Rafic Hariri dirigea cinq gouvernements successifs (1992-1998, 2000-2004) et parvint à rétablir peu à peu les conditions d’une reprise économique.

Le 14 février 2005, Rafic Hariri fut victime d’un attentat dans le centre de Beyrouth. Débuta alors la "Révolution du Cèdre" ou "Intifada de l’indépendance" et "le Printemps de Beyrouth" où de nombreux Libanais exprimèrent leur rejet de la présence de la Syrie sur le sol libanais et de son influence dans la politique nationale. Ce mouvement s’exprima notamment à travers la voix de Samir Kassir, journaliste, écrivain, historien et membre fondateur du Mouvement de la gauche démocratique, victime lui aussi d’un attentat à la voiture piégée le 2 juin 2005 au pied de son immeuble. D’autres attentats suivirent tuant notamment Georges Hawi, l’ancien chef du parti communiste et Gébrane Tueni, journaliste et député chrétien. Les troupes syriennes quittèrent finalement le Liban le 26 avril 2005 et la coalition anti-syrienne de Saad Hariri, le fils de l’ancien premier ministre, remporta la majorité lors des législatives de juin 2005.

Le 12 juillet 2006, l’enlèvement par le Hezbollah de deux soldats israéliens sur le territoire d’Israël déclencha un conflit armé de 33 jours avec Israël.

Pour en savoir plus...

- Denise Ammoun, Histoire du Liban contemporain, vol. 2 : 1943-1990, coll. Histoire des pays n° 65, éd. Fayard, 2005
- Georges Corm, Le Liban contemporain : histoire et société, coll. Poche Essais n° 214, éd. La Découverte, 2005
- Samir Kassir, Histoire de Beyrouth, éd. Fayard, 2003

 

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